10 PETITS INSECTES de David Calvi et Vincent Pianina (Sarbacane 2009 - 74 pages - 12€50) Pour des prétextes tous différents, une dizaine d'insectes se retrouvent
dans un manoir sur une île déserte, et voient les cadavres s'accumuler:
un assassin se cacherait-il parmi eux?...
...pour se faire une idée...
Une vraie surprise pour ma part, découverte par hasard dans les bacs de la seul boutique BD du coin. Il s'agit d'une bande dessinée "jeunesse" à
l'humour simple et léger, qui parodie un célèbre roman d'Agatha
Christie à l'aide d'un graphisme anguleux, un peu rétro qui fait tout
son charme.
Premier tome d'une série dont je vais m'empresser de lire le reste!
+ interview des auteurs de 201
Je me suis toujours demandé à quoi pourrait ressembler une BD faite en pixel-art: c'est pourquoi j'ai été plutôt content de tomber par hasard sur L'essence de la vie de Hei Li ZHI (Xiao Pan, 2009). Concrètement, on a des oekaki carrés assez réussis, au style original, associés avec des textes placés à côté. Un joli récit introspectif, qui me rappelle Tayio Matsumoto. Un ensemble très sympa.
ABC DICK d'ARIEL KYROU est un recueil sur l'œuvre du romancier de Science-fiction Philip K. Dick, qui compile un abécédaire avec pleins de pistes de réflexions sur son œuvre et le monde actuelle, bref sur sa grande modernité. Couverture sympa mais illustrations intérieures dispensables: néanmoins un chouette livre paru chez Inculte, un éditeur que j'apprécie beaucoup (j'avais parlé de leur Lost Albumil y a 2 mois). Plus d'infos sur dickien.fr (site).
Craquage de carte bancaire et razzia en librairie cette semaine, avec ces livres que je convoitais depuis quelques semaines déjà. Et que je conseille à tous d'ailleurs ;)
Par le fait du hasard, ce ne sont pas forcément les lectures les plus drolatiques au monde, surtout La chambre d'Albert Camus et autres nouvelles de William Réjault (alias Ron l'infirmier). Je m'attendais à retrouver un peu l'humour du bloggeur que je lis depuis un bout de temps (oulah 2 ans presque!) dans ce premier livre, mais pour l'instant je suis plutôt attéré par ces histoires terribles (mais banales hélas!) de patients, de malades, et d'infirmier(e)s en détresse... Mais bon, je lis P.G.Woodehouse pour équilibrer!
Suckle suivi de Crumple réunit deux histoire de Dave COOPER. Dave Cooper que j'adore depuis Ripple et que je vénère depuis Dan & Larry: Fais pas ça! Pour situer, c'est un mélange de Crumb, pour le côté "cartoon sexuel débridé", et du Disney des années 1930 avec ces personnages au look rétro. Le tout baigne dans le bizarre, le malaise, le fantasme trouble, et les rêveries coupables... De chouettes galerie de work in progress sont disponibles sur son flickr.
Je ne connais pas plus que ça les deux auteurs PIRUS ou MEZZO, mais Le Roi des Mouches a l'air très bien: une sorte de Charles Burns français et en couleurs, avec une touche de David Lynch pour sublimer le tout! Pour l'instant, je l'ai juste feuilleté, mais ces 120 pages ont l'air très prometteuses!
Si je précise que No comment de Ivan BRUN commence par le récit d'une Star Ac' version Salo ou les 120 jours de Sodome, je crois que j'ai à peu près situer la chose.... C'est donc une BD forte, à ne pas mettre entre toutes les mains, mais bouleversante et désespérée, organisée en de courtes historiettes où des personnages - qui ne rappellent ceux d'Arthur de Pins que par leur aspect rondouillard - sont les victimes/bourreaux d'une société malade et violente...
Et enfin, un bon petit album de garage sixties des furieux Count Five:leur unique album culte de 1966Psychotic Reaction, pour faire passer tout ça, ça se refuse pas!
Bon, j'ai enfin terminé de lire ma provision de BD de la semaine!
NEXT WAVE de Warren Ellis et Stuart Immonen: je partais pour acheter le nouveau tome de Promethea, l'inénarrable série ésotérique de Alan Moore, puis suis finalement reparti avec le premier tome de cette série parodique plutôt hilarante. Un groupe de super-héros de seconde zone, une intrigue pretexte à des dialogues savoureux se moquant de l'univers Marvel. Sans compter le dessin plus qu'honnête de Immonen (dynamique, un poil cartoon).
Couverture française, page 01 et page100.
Une mini-série qui n'a hélas pas trop marché , malgré la volonté de Ellis, qui a multiplié les caméos de Nextwave (on les a vus dans Marvel Zombies , Civil War, ...).
SKEOS est la première BD de Cadelo (scénario de Antonio Tettamanti). Parue aux Humanoïdes Associés en 1983, c'est assez typique de de la SF de l'époque: un peu violent, ça se veut "adulte", c'est un peu "new-age", etc. Sans parler du trait de Cadelo: un démarquage assez flagrant de Moebius (façon garage Hermétique)! Mais bon, quasiment tous les dessinateur de l'époque l'ont imité (Manara, Bilal, Clair, etc.).
Couverture de 1985, et la page de 15 de Skeol.
Mais. Mais le scénario est assez valable, et me fait penser à du Silverberg (pour le côté SF mystique et sensuel). Quelques liens pour découvrir cet auteur: une interview sur sceanario.com, ainsi que le site de Cadelo.
Enfin, je me suis enfin décidé à me prendre le premier tome de SERPENTERS, une sombre histoire de Dark Fantasy, après avoir hésité des mois durant. Le scénario de Thomas Mosdi est assez brumeux, mais les dessins de Freddy Martin et Vincent Froissard rattrapent le coup: les auteurs ont imaginé un monde influencé par les civilisations précolombiennes (Incas, Aztèques, Toltèques, etc.) à travers des pyramides cyclopéennes!
Couverture et page 7 de Serpenters -Tome 1: Les Fugitifs
J'avais toujours pensé qu'il n'existait qu'un seul tome, mais non, une suite est parue en 2004! Il ne me reste plus qu'à le dénicher... Pour les amateurs de Apocalypto et de SF.
SKIM est un roman graphique canadien de Julian Tamaki et de Mariko Tamaki. Feuilleté rapidement après avoir été intrigué par une couverture sybilline; attiré par le thème; et au final empoché en 5mn! C'est une chronique adolescente très bien racontée, où Skim, ado vaguement gothique se cherche, dans un lycée coinçé (Résumé plus clair par ici). En bref, une jolie "tranche de vie", bien à sa place dans la collection Ecritures de Casterman à côté du superbe Blankets de Craig Thompson.
Skim: parue dans la collecton Ecritures de Casterman. Couverture et page 31.
Mes derniers achats... Ceci dit, c'est-y bien beau de lire tout ça, il faudrait peut être que je me remette à dessiner!!
J'avais adoré Rock Zombi de Tanxxx; là c'est un recueil de gags, un peu plus autobiographique mais toujours dans l'esprit punk-rockab'-etcoetera. Pas forcément les meilleurs gribouillages de Tanxxx, mais de quoi patienter jusqu'aux sorties prochaines de Tanxxx2 et d'Esthétiques et filatures (avec Lisa Mandel).
Eiko rassemble les travaux de Akinoh Kondoh: un court manga, une présentation de son parcours d'artiste-mangaka, et de nombreuses illustrations. On y voit des écolières rêveuses associées à des décors oniriques, pleins de fleurs et de papillons, mais où la mort et une certaine déliquescence morbide est proche. On retrouve dans ses mangas l'univers de l'illustrateur Aubrey Beardsley et de Guido Crepax; on est ici plus proche de Suehiro Maruo que de Junko Mizuno. En bref, c'est très intriguant, poétique et décalé.
La couverture et quelques illustrations.
Page 04 et 05 (lecture japonaise de droite à gauche)
Dernière emplette: Ma mère était une très belle femme de Karlien de Villiers. Comme le dessin n'est pas vraiment attirant (entre de la ligne claire et Satrapi), c'est évidemment l'histoire, un récit autobiographique, qui en fait l'intêret: l'Afrique du Sud des années 1970-1980, et les troubles liés à la chute de l'apartheid sert de toile de fond (et de parellèle) à l'enfance douce-amer de Karen, où la jeune Karen voit ses parents se séparer peu à peu.
A priori, ce n'est pas le genre d'histoire dont je raffole, mais il y a de nombreux passages touchants, ainsi qu'une très intéressant aperçu de la vie des afrikaners à cette époque. (En gros je rejoint ce type de point de vue).
(1985: l'Afrique du Sud subit les pressions internationales pour faire cesser l'apartheid)
Pas de lamentations sur le manque d'intêret suscité par les étalages de BD, de comix ou de manga récents, non (là, vous échappez à un gros pavé de blabla sur le sujet^^), juste un gros coup de coeur pour la réédition de 5 tomes de Freddy Lombard par CHALAND, en deux mini volumes chez les Humanos... eh oui, je reste dans la thématique BD franco belge!
En gros, une réédition décente (20€ les deux!) des grosses intégrales de 1995-2003; il manque certes une galerie des couertures originales, mais la partie "images et repentirs" est toujours aussi géniale! En deux mots, j'adore Yves Chaland, et l'album Le petit Albert est une des mes BD favorites (du genre à emmener sur une île déserte), mais c'est la seule bande dessinée que j'ai lu de lui. Autant vous dire que je vais passer la soirée à lire tout ça! Pour les amateurs de ligne claire rétro et ironique!
En sortant du travail, j'ai fait une première halte à une boutique de BD d'occasion. Un seul achat, un coup de coeur pour une E.O. (Edition Originale) de L'Echiquier Cubique de POÏVERT de 1978 . L'auteur m'était franchement inconnu mais le dessin m'a suffisamment intrigué pour qu'au final je le lise chez moi ce soir. Un dessin me faisant beaucoup penser à Jean-Claude Forest et à Paul Gillon, ou encore Guido Crepax par l'usage de la plume et d'encre noire pour un récit fantastique. Un récit mystérieux, entre Jorge Luis Borges et Edgar Allen Poe, où un homme fasciné par une armoire magique voyage entre les réalités à la poursuite de son amour et de lui-même. Une page Wikipédia bien fournie est consacrée à Raymond Poïvet.
La couverture, les pages 7 et 37 et la 4e de couverture.
Puis, réfugié au rayon BD de la Fnac le temps qu'une averse passe, j'ai pu lire quelques nouveautés:
Shaolin Cowboy (tome 1) de GEOFF DARROW: le grand retour de Darrow à la BD (il avait bossé comme designer au cinéma, notamment pour Matrix) avec une courte (trop courte) histoire farfelue et un dessin toujours superbe et hyper-détaillé (dans le même genre que Frank Quitely). Pour situer, il y a un combat entre le héros et un crabe shaolin au milieu de "renégats" éventrés...
Boboland de DUPUY & BERBERIAN: le qualité du dessin varie selon les scènettes, mais pas l'humour féroce portée contre ces bobos parisiens.
Finalement je ne suis reparti qu'avec Les amis de FRANCOIS AYROLLES, un pilier de l'Association. Joli ouvrage un peu bizarre, où on assiste à la constitution fragile et au délitement inéluctable de groupes "d'amis".
Quelques extraits (pas de planches complètes, je n'avais pas envie de "casser" la tranche du livre en scannant)
C'est un peu abstrait (il n'y aucun décor et les personnages n'ont pas vraiment d'identité propre) mais très bien vu. Une sorte d'étude, entre cruauté et désespoir? Fausses fraternités et réelles solitudes... Bon, pour une vraie critique bien faite, allez donc voir du9, le super webmag consacré à la BD, ça donne encore plus envie d'acheter les autres BD de Ayrolles!
Le sac à provision a été rempli vendredi, et j'ai pu me rassassier tranquillement ce weekend passé:
Aguirre tome 1 de GABRIEL DELMAS: Aguirre fut un conquistador violent qui renia son allégance au roi Philippe II lorsqu'il partit à la recherche de l'Eldorado... une histoire vraie! Un dessinateur génial délaisse un temps ses fantaisies morbides habituelles et se met au drame historique: à vrai dire l'intrigue n'est pas aussi fortement triaté que par Klaus Kinski et Werner Herzorg mais le traitement graphique halluciné (les couleurs psychotropiques n'y sont pas étrangères) rattrape le tout.
Couverture, pages 5 et 47.
Pack Donjon Potron-Minet niveaux -99 / -98 / -97 de SFAR, TRONDHEIM (les deux scénaristes), WALTER (le coloriste) et BLAIN (le dessinateur): à l'occasion des 10 ans de la série Donjon, Delcourt a la bonne idée de faires des packs "3 tomes pour le prix de 2", ce qui me permet de lire les épisodes que je n'avais pas encore. Ici, ambiance XVIIe, façon "Les 3 mousquetaires" : on découvre la jeunesse de Hyacinthe le futur Maître du Donjon à Antipolis . Un jeune prince encore naïf et idéaliste, qui découvre l'amour et vit des aventures de capes et d'épée!
Le Donjon période Potron-Minet: intrigues, duels au fleuret, magie, ...
Journal d'une disparition de Hideo Azuma est une autobiographie, où Azuma relate son alcoolisme et comment il en est venu à s'exclure de la société, à lâcher son job de mangaka et à vivre comme un SDF, au cours des années 1990... Dit comme ça, on peut s'attendre à un mélodrame âpre et sinistre, mais que nenni! Le dessin est rond comme celui d'Osamu Tezuka, et Azuma adopte un ton très drôle: l'alcoolisme et ses conséquences ne sont pas dissimulées mais les nombreuses anecdotes humoristiques allègent le récit. Une histoire au ton surprenant mais très réussie!
Et dans tout un autre genre, Maka Maka, un manga bien plus léger de Kishi Torajiro, puisqu'il s'agit d'un yuri (manga lesbien) érotique! Il s'agit de courts épisodes pleins de tendresse et de sensualité entre les deux héroïnes; le ton est assez adulte, bien que les histoires présentées ne soient pas très élaborée. Parfois on se rapproche des manga de Ebine Yamaji. Enfin, le dessin est superbe, très propre, réaliste et sensuel, ET en couleurs!
Attention, ce n'est pas du hentaï mais la lecture est à réserver aux plus de 15 ans.
Eh bien pas grand chose de folichon dans les présentoirs de nouveautés BD aujourd'hui!
Deux titres, que j'ai préféré lire sur place, avant de les reposer, déçu:
Le multivers préféré de Jodorowsky s'agrandit avec Final Incal (tome 1). Publié dans un glorieux noir et blanc vendue sous le terme d'"édition prestige"... ces petits malins du marketing semblent attendre que l'on ait tous acheté cette édition, pour éditer ensuite une version couleur... Bref. On apprécie d'autant mieux les superbes planches de l'espagnol Ladron, dans un style moebusien du plus bel effet . Par contre, le scénario est pénible: Jodorowski s' autoparodie, s' essouffle à ressusciter une troisième fois (ou quatrième, j'ai perdu le compte...) John Difool et ses amis: pas de surprises, toujours les mêmes blagues, etc. Pénible, vraiment.
Marvel Zombies tome 2: je l'avait lu il y a quelques semaines, je l'ai re-feuilleté aujourd'hui pour voir si je ne m'étais pas trompé alors. Bah non: c'est un énorme ratage! Et c'est assez moche en plus. Notons une fin lamentable, digne de... d'un Chair de Poule par exemple (référence tout à fait moisie).
Résultat, je me suis rabatu sur de la valeur sure:
le 8e tome d'Histoires pour tous d'Osamu Tezuka: 4 nouvelles au menu. Du fantastique moderne, de la mythologie grecque et de la science-fiction; éclectisme des thèmes et variété des émotions.
Le Pirate Ecarlate de David B. et d'Emmanuel Guibert, d'après l'oeuvre de Marcel Schwob. BD lue il y a des années (sortie en 2000), et restée dans mon top50 personnel. Pourquoi? Un dessin somptueux de Guibert; et une histoire mystérieuse à souhait, où ça parle de meurtres atroces et de pirates à la tête coupée dans le Paris des années 1900... Lien vers "Le Roi au Masque d'Or" nouvelle de Schwob jointe à la BD, pour avoir un juste aperçu de ce écrivain méconnu.
Nouvelle rubrique: comme chaque vendredi après-midi, fin de semaine de travail oblige, mon week-end débute par la tournée de mes boutiques favorites! Objectifs: bandes dessinées (pour les yeux) et CD (pour les oreilles)! ...oui oui, je sais c'est une vile habitude consumériste :)
Alors aujourd'hui, dans le Caddie (en l'occurence, c'est un vieux sac à dos vert que je trimballe partout, mais c'est kif-kif), pas de nouveautés, vu le manque de sorties trépidantes:
Scrublands de Joe Daly: je me suis enfin décidé à acheter ce livre qui me tentait depuis sa parution l'été dernier. Traduit chez L'association: un comix indépendant donc. Plus exactement un recueil d'une quinzaines d'histoires acides, oniriques, absurdes ou cruelles. On y trouve une galerie de freaks, de personnages bizarres, abstraits, à demi-fous. Et le traitement graphique change d'une histoire à l'autre.
Ayako, tome 1 d'Osamu Tezuka: je continue mon exploration des oeuvres de ce grand mangaka, après avoir lu Kirihito et plusieurs tomes de Histoires pour tous. Ici, c'est une très sombre histoire de famille, dans le contexte troublé du Japon d'après-guerre... C'est le Tezuka "adulte" des années 1970, avec un dessin plus réaliste et aux scénarios complexes et dramatiques...
Et pour soigner ses tympans, je conseille ces disques:
Glorious de James Levy: un excellent album de pop-rock new-yorkais que je desespérais de trouver sur Dijon depuis sa sortie en 2007, jusqu'à ce que je le déniche dans un bac à soldes merveilles aujourd'hui même! Mélodies accrocheuses et élégantes, façon crooner-pop comme chez Jens Lekman ou Adam Green par exemple. Une critique plus étoffée sur Pinkushion et des titres écoutable sur son myspace.
The Age Of The Understatement par The Last Shadow Puppets : LA nouvelle tuerie néo-sixties que je n'ai pas vu venir, allant encore plus loin que The Coral dans la résurrection des merveilles psychédéliques pop, et aussi éblouissants que les Dukes Of The Stratosphear. Un pseudo-groupe, side-project de Alex Turner des Artics Monkeys s'est donc mis au pastiche psyché avec un talent monstrueux!
Sur ce, je me replonge dans mes disques de Moby Grape, Love, Electric Prunes en dégustant des méringues géantes...